Durant tout le conflit, les régiments accueillaient tous les mobilisables ayant déjà effectué leur service militaire et pour certains, ceux qui ne l’avaient pas effectué pour une raison : exemptés, reformés, etc.
La Loi Thiers du 27/07/1872 créée une obligation militaire s’étendant sur une période de 20 ans. Le tirage au sort est maintenu. Le remplacement est supprimé mais on peut être dispensé pour diverses raisons dont soutien de famille.
Établissement d’un registre de matricules par département à partir des listes cantonales de recrutement, mentionnant l’incorporation et tous les changements (affectation, domicile etc…) jusqu’au passage dans l’armée territoriale. Le service se décompose comme suit :
5 ans dans l’armée active.
4 ans dans la réserve d’active.
5 ans dans l’armée territoriale.
6 ans dans la réserve territoriale.
Loi Freycinet du 15/07/1889 fait progresser le principe de l’universalité de la conscription. Le service est réduit à 3 ans mais il y a désormais des dérogations. Les « dispensés » doivent un service d’un an réduit à 10 mois pour les bacheliers et étudiants. Les exemptés du service actif sont affectés à un service auxiliaire. Le tirage au sort continue et les bénéficiaires ne font qu’un an. Par contre, les dispensés, exemptés et tirés au sort doivent payer une taxe militaire destinée à compenser leur régime de faveur. Un tiers de chaque classe d’âge fait un service d’un an. Le rôle social du service militaire est important : c’est une initiation à la modernité pour le plus grand nombre issu du monde rural par la découverte de la ville, l’initiation au maniement d’équipements plus sophistiqués que leurs équipements agricoles, découverte de l’eau courante, d’autres mœurs, coutumes et l’occasion d’apprendre le français pour ceux qui ne parlent qu’un  patois ou une langue régionale. C’est un réel facteur de cohésion sociale qui sera renforcé par la loi suivante.
La loi Jourdan-Delbel du 21/03/1905 met fin au tirage au sort et impose un service militaire personnel et obligatoire pour tous d’une durée de 2 ans (au lieu de 3 depuis 1889). Toute dispense est exclue. Un sursis est possible dans certains cas. C’est une loi qui marque l’origine du service national.
Le 7 août 1913, la durée du service est augmentée de 2 à 3 ans pour faire face aux classes allemandes beaucoup plus nombreuses que les françaises. L’armée Impériale disposant de 850.000 hommes contre seulement 540.000 en France.
En 1914, mobilisation générale de 760.000 hommes. L’armée passant à environ 2 millions d’hommes. Entre 1914 et 1918, 8 millions d’hommes de 18 à 45 ans sont mobilisés, représentant 20% de la population française.
En 1914 les classes mobilisées se répartissaient ainsi :

Année de naissance

Classe

Armée d’active

1891 et 1892

1911 et 1912

Réserve de l’armée d’active

1881 – 1890

1901 – 1910

Armée territoriale

1875 – 1880

1895 – 1900

Réserve de l’armée territoriale

1869 – 1874

1889 – 1894

Voir le tableau des durées de service

Au moment de la mobilisation générale, les classes 1912 et 1913 étaient sous les drapeaux et virent donc le temps de présence porté à 7 ans pour certains.Apres 1916 les appels des classes se firent de plus en plus tôt. A l’été 1918 on appela la classe 1920.
Ce n’est qu’au printemps 1921 que la totalité des 5 millions de combattants seront démobilisés. La démobilisation est progressive : certains hommes sont sous les drapeaux depuis huit ans, sans discontinuer. Les soldats des classes 1912 et 1913 retrouvent la vie civile l’été 1919, les dernières classes mobilisées ne seront libres qu’en 1920 ou 1921.
En ce qui concerne les opérations militaires, la guerre n’est pas finie au jour de l’armistice. L’armée française maintient sa pression sur l’Allemagne et occupe militairement la Rhénanie, conformément à la convention d’armistice, jusqu’en 1919. Sur le front oriental, elle poursuit les combats aux abords de la Russie jusqu’au printemps 1919 contre un nouvel ennemi : les bolcheviks.
La démobilisation est un mouvement sans précédent d’hommes et de matériel, dans un contexte de difficultés économiques et dans un pays désorganisé où les infrastructures sont détruites ou endommagées. On comprend l’impatience des soldats français : en juin 1919, à la veille de la signature du Traité de Versailles, les hommes déjà démobilisés craignent d’être rappelés sous les drapeaux.
Le retour des démobilisés suscite des appréhensions, tant pour les soldats que pour les civils qui se sentent redevables du sacrifice consenti par les combattants – sans oublier qu’un soldat sur cinq est mort au combat -. Depuis 1914, le fossé entre le front et l’arrière s’est creusé. Il faut maintenant revivre ensemble. De plus, 600 000 prisonniers de guerre français rentrent d’Allemagne fin 1918, parfois regardés comme des « lâches »
La réinsertion dans le monde du travail pose des difficultés, en particulier pour les invalides et les mutilés.
En conclusion, les classes de 1889 à 1920 (nés entre 1869 et 1900) furent mobilisées entre 1914 et 1918. Soit des combattants de 20 à 49 ans. Qui pour certains ne retrouvèrent la vie civile qu’en 1921.

Tableau par classe (= année de naissance + 20 ans) pour la seule commune de Marat (en cours de compléments)  Voir aussi la page Conscrits alphabétique par classe.

Classe Population dans l’année de classe Conscrits « Bons »
1889 25 13
1890 23 16
1891 2 228 20 9
1892 16 6
1893 27 17
1894 25 14
1895 24 14
1896 2 078 35 12
1897 22 13
1898 26 16
1899 30 18
1900 27 17
1901 2 119 21 12
1902 24 21
1903 13 9
1904 19 15
1905 24 17
1906 2 078 18 13
1907 20 13
1908 20 12
1909
1910
1911 2 015
1912
1913
1914
1915
1916
1917
1918